Contarini (Alvise)

« Retour au Glossaire

Il est né le 24 octobre 1601 à Venise où il meurt le 15 janvier 1684. Il fut orateur, c’est-à-dire ambassadeur de la Sérénissime avant d’en devenir le 106e doge.

Ce personnage largement oublié de nos jours fut, dans ces deux fonctions, au cœur de la diplomatie vénitienne et européenne du XVIIe siècle. Il a travaillé sans relâche en vue de trouver une issue diplomatique à la terrible guerre de Trente ans, véritable guerre mondiale pour l’époque, qui se conclue en 1648 par les traités de Westphalie auxquels il a apporté une contribution majeure. Il a aussi travaillé à ce que Venise demeure un lien essentiel entre l’Europe occidentale et l’empire ottoman en s’en tenant à une position de neutralité. A ce titre, devenu Doge, il s’est efforcé de réparer les conséquences qu’avaient eu pour la République l’autre guerre, celle de Candie (1645-1669) dite aussi guerre de Crète, entre les Ottomans et le Saint Empire, que certains historiens ont pu présenter comme la dernière croisade.

Il a été ambassadeur aux Pays-Bas (Provinces Unies, 1623), puis en Angleterre (1625 mais avec une arrivée retardée à 1626 pour avoir attendu en Hollande son successeur), en France (1628 puis de nouveau en 1633), en Espagne (1638). Rentré à Venise où il présente sa relazione (exposé des ambassadeurs à leur retour de poste devant le grand conseil) le 10 décembre 1641, son séjour y sera bref. Il est à partir de la fin de l’année 1642 l’ambassadeur médiateur de Venise au congrès de Münster où il arrive en avril 1643 et où il va œuvrer durant six années aux côtés du nonce Fabio Chigi dans un rôle d’intermédiaire entre les puissances engagées dans le conflit. La neutralité dans laquelle la Sérénissime entendait se maintenir sur la scène européenne lui sera un atout. Mais ses qualités personnelles de finesse, sa lucidité et sa grande expérience de la diplomatie lui vaudront la reconnaissance générale du succès final des négociations et le mérite d’avoir conduit l’Europe à la paix de Westphalie.

Il devient doge de Venise en 1676. Durant les huit années de son dogat pacifique, Venise assainit ses finances sérieusement mises à mal par la guerre de Candie, retrouve le goût de la fête, ouvre les premiers cafés et… reconnaît le droit à une dame de la noblesse d’obtenir un diplôme universitaire de philosophie, Elena Cornaro Piscopia. Elle fut la première en ce domaine[i]

 

[i] Voir Alain Geslin, Alvise Contarini, in Promenades vénitiennes; Stefano Andretta, La médiation diplomatique vénitienne d’Alvise Contarini à Münster : paradigme d’une gestion élitaire de la crise européenne du milieu du XVIIe siècle, Europe et outre-mer, in Laurent Coste et Sylvie Guillaume (dir.) Elites et crises du XVIe au XXIe siècle, Paris, Armand Colin, 2014, pp. 113-124.

« Retour au Glossaire

Les commentaires sont fermés