Foncin (Pierre)

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Géographe et écrivain, Pierre Foncin (1841-1916) a été le co-fondateur de l’Alliance française avec l’ambassadeur Paul Cambon, le 21 juillet 1883. Paul Cambon était à ce moment-là gouverneur général en Tunisie, nouveau protectorat français. Avec l’Alliance Française, leur objectif est de permettre la diffusion de la langue française dans les colonies et protectorats ainsi que dans le reste du monde. En s’inspirant du modèle des comités tunisiens de l’Alliance israélite qu’admirait Paul Cambon, il est décidé de créer une institution fortement décentralisée formée de comités locaux implantés dans un très grand nombre de villes à travers le monde, sur la base d’un statut associatif de droit local qui en facilite l’implantation et en assure la pérennité.

Dans le contexte de la doctrine de l’assimilation des peuples coloniaux, l’objectif exposé par Pierre Foncin est de faire en sorte que ces peuples abandonnent progressivement leurs langues maternelles au profit du français. On s’inscrit alors clairement dans une optique d’acculturation et la première application vise les Berbères d’Afrique du Nord. Rétrospectivement, on n’a pas manqué de reprocher à Pierre Foncin et Paul Cambon d’avoir eu, dans ces premières années d’existence de l’Alliance française, une vision colonialiste. Mais on était dans la seconde moitié du XIXe siècle et non dans la seconde moitié du XXe! Une époque où un homme aussi respecté que Jules Ferry  et avec lui une bonne partie de la classe politique française étaient persuadés de la mission civilisatrice de la France au moyen de son empire colonial, tenant des propos publics qui feraient évidemment et fort justement scandale aujourd’hui.

L’Alliance française approche de ses 140 ans désormais et constitue un maillon essentiel du réseau culturel et de coopération de la France, qui inscrit son action dans le respect des langues et cultures de ses lieux d’implantation tout en œuvrant à faire découvrir la langue et la civilisation françaises. Elle s’appuie sur plus d’un millier de comités locaux.

Ajoutons que Pierre Foncin nous a légué autre chose. Il a acheté en 1890 sur le territoire de la commune de Cavalaire-sur-Mer dans la Var, sur les hauteurs de la côte sauvage des Maures en surplomb immédiat de la mer un domaine de 15 hectares de chênes liège. Il y a fait construire en 1894 une magnifique et imposante maison blanche dominant le petit village du Dattier et que connaissent bien les marins qui s’en servent d’amer. Sa dernière habitante fut sa fille, Mireille Foncin,  qui a légué l’ensemble en 1977 au Conservatoire du Littoral dont ce fut le premier don qu’il reçut peu après sa création. Il en hérité effectivement au décès de la légatrice en 1996 à la condition d’en faire un centre pédagogique de protection de la nature et des espaces littoraux. Le Conservatoire du Littoral vient de l’ouvrir au public en 2017.

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